Parcourir…
Notre catalogue
- Tous les formats
Editions du Banc d'Arguin
VOLTAIRE (1694-1778)
C’est en 1748, à peine un an après « Zadig », que parait « Le monde comme il va ». Si l’historien a déjà derrière lui l’ « Histoire de Charles XII », le philosophe les « Lettres philosophiques », le dramaturge son chef-d’œuvre « Zaïre », et le poète la plupart de ses illusions, le conteur proprement dit en est encore à ses premières armes. Comme « Zadig », « Le monde comme il va » n’est pas insensible aux turqueries et autres gourmandises orientales que Montesquieu a mises à la mode avec ses « Lettres persanes », voici plus d’un quart de siècle. La tradition de Bajazet s’est un peu adoucie, et les terribles Turcs ont fait place à de gentils Iraniens philosophes. Pour avoir joué les candides et fait le bien partout où il allait, Zadig a fini par s’attirer tous les maux de la terre. Douze ans plus tard, Candide qui l’est moins que Zadig, à vouloir se moquer de l’optimisme de Leibnitz, découvrira que le monde est absurde, et qu’il vaut mieux s’occuper de pissenlits que de métaphysique. A mi-chemin entre Zadig la victime et Candide le témoin impuissant, Babouc accepte, un peu vite, un peu lâchement aussi, le monde comme il rampe. « Si tout n’est pas bien, tout est passable », dit cet existentialiste poudré, ricaneur et épicurien comme Anatole France. Jamais langue française s’a moins vieilli. Après deux siècles, pas une virgule ne doit en être repolie.
Les publications de VOLTAIRE